De Penser

De penser n’plus voir ton Pif
. Le cheveu au vent dans les Manifs
De n’ plus pouvoir s’tapper la Cloche
Au p’tit Resto du coin comme deux Mioches…
C’est peau d’chagrin !
Mon vieux Poteau, mon vieux copain
Tu t’en vas, tu t’débines
Pense donc à nous…, mon vieux Machin.
Ceux d’hier et d’aujourd’hui
Plus d’toi….Vieux bandit.
N’ plus voir ta vieille trombinne
De p’tit matelots des « caboulots »
Me bouleverse, me chagrine, mon Poteau !
De tes combines, de tes entrains
De tes paluches, de tes Chagrins…
Tout ça manquera, mon vieux Larron.
Dans tes pensés t’étais Baron
Toi qui d’ St. Ouen, moi des Fortifs.
De n’ plus voir ta trogne de vieil ivrogne
Et plus pouvoir t’serrer la main
Mon Poteau, mon vieux Copain…
Ca m’rogne !
Et qu’ maintenant t’es là haut
L’tare-bouiffe dans les étoiles
L’verre à la main, le verbe haut
Tu peux parler sans contrarier
A tous ces cons, de ton quartier
De notre époque à quatre temps
Coup de gueule dans l’firmament
Maintenant qu’t’ es Marron
Mon vieux Poteau, sacré Copain
Vieux Cyrano, des temps anciens
Plus d’verre à la main, d’vant une Chôpine
Quant tu jactais à tes Copines sur le tapin
Qui s’ gambadaient sur l’grand Boulevard
Il fallait te voir
Tu t’dressais comme jeune Coq
Pour faire le beau, faut bien y croire
A ce temps de l’autre époque
Mais les années n’arrangent rien
Mon Poteau, mon vieux Copain
Qu’maintenant t’es parti
Dans c’ jardin, vers l’paradis
Dis leurs bien à ceux d’en haut !
Merde …que j’ne pleure point
Bien qu’ce soit faux
L’bonjour du p’tit dans bas !
Celui qu’a l’ pied dans l’caniveau
Que j’n’ les oublis pas, mon vieux Poteau
Et l’ cœur plein d’chagrin
A toi mon copain, d’m’un coin
J’te dis dans un sanglot…
A Demain…vieux Blaireau.


© Claude Andréani à mon pote Alain Bonfils.

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